Le militant palestinien Ramy Shaath , menacé d'expulsion, devant le tribunal de Nanterre, le 21 mai 2026 dans les Hauts-de-Seine ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Une commission départementale d'expulsion, qui se réunissait jeudi après-midi à Nanterre, a émis un avis défavorable à l'expulsion du militant palestinien Ramy Shaath, visé par cette procédure car il représente, selon les autorités, une "menace grave pour l'ordre public", ont indiqué à l'issue de l'audience ses avocats à l'AFP.
Cet avis n'est pas contraignant pour la préfecture qui doit désormais se prononcer sur son sort.
Keffieh autour du cou -qu'il a dû retirer pour l'audience à la demande des policiers- le militant de 55 ans est sorti de la petite salle du tribunal judiciaire où se tenait l'audience l'air soulagé, sous les vivats des nombreuses personnes venues le soutenir, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Je suis heureux aujourd'hui, nous avons eu une décision symbolique de la commission" qui a estimé qu'il n'avait "jamais été un danger", s'est félicité M. Shaath devant la presse et à ses soutiens à la sortie du tribunal judiciaire de Nanterre.
Le militant avait été détenu 900 jours en Egypte, entre 2019 et 2022, accusé d'avoir fomenté des "troubles contre l’État", avant d'être libéré et remis à la France, notamment après que le président Emmanuel Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.
Pendant un peu moins d'une heure et demie d'audience, devant une salle comble, les griefs de la préfecture des Hauts-de-Seine à l'encontre du fils de l'ex-ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath se sont opposés aux arguments de ses avocats.
La représentante de la préfecture a reproché à Ramy Shaath ses liens avec plusieurs collectifs et associations militant pour les droits des Palestiniens en France, dont Urgence Palestine qu'il a cofondée, ainsi que ses propos lors de plusieurs manifestations publiques.
Le militant palestinien Ramy Shaath , menacé d'expulsion, devant le tribunal de Nanterre, le 21 mai 2026 dans les Hauts-de-Seine ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Par exemple, dit-elle, en novembre 2023, "M. Shaath a tenu des propos dans lesquels il dénonçait les +terroristes+ israéliens qui bombardent les maisons et les hôpitaux et veulent vider la bande de Gaza (et a dit que) le Hamas a fait acte de résistance bien qu'il soit reconnu comme un groupe terroriste".
Cette tentative d'expulsion est "une sanction de la liberté d'expression" de son client, a répliqué Me Damia Taharraoui, l'une de ses avocates.
"Je pense que l’État (...) instrumentalise votre commission et qu'elle essaye d'obtenir de cette procédure administrative ce qu'elle sait qu'elle ne peut obtenir sur le plan judiciaire", a pour sa part argué Me Nicolas de Sa-Pallix, son autre conseil.
Une enquête ouverte pour apologie à la suite des propos tenus lors d'une manifestation de novembre 2023 a en effet été classée sans suite en octobre 2024.

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